Petits à califourchon sur leurs amis. Petits à la calembredaine. Le regard de la châtelaine empli de tendresse alors qu’il finira par s’éclore. Une petite pelote de laine douce et moelleuse. Comme ce chocolat que j’ai mangé hier matin. Tout barbouillé. La tête. Tout embrumé. L’esprit. Mais où est mon corps ? Comment l’exprimer ? Comment l’utiliser ? Comment le faire exister ? Comment le sentir ? Je flotte dans une cuve sans fin, un calisson dans les neurones. Eprouver. Tout ce Réel qui semble sans queue ni tête. Tout ce Virtuel qu’on nous sert à la louche. J’aurai pu t’offrir des frimousses tachetées. Je me suis contentée de petites têtes tranchées. Proprement. Pas de sang, pas de fluide vital versé. Mon corps a besoin de lui. Ne lui retranchez rien. Sauf la tête. Peut-être qu’il agit mieux s’il agit seul. La torture vient de l’esprit. Elle se fait sentir dans le corps. Alors pourquoi le rejeter aussi violemment. Souffrance extérieure pour bourreau intérieur. C’est banal et sans envergure ; mais ça prend sens. Ça se sent dans les veines, ça parcourt les nerfs, impulsion du silence. Vibration au delà du soutenable, trouver ses limites, sans jamais les atteindre. Sommes nous infinis ? La table rase avait tort, on doit tout prendre là comme ça, sur l’instant. Le reste n’existe pas encore. Mais comment faire des projets alors ? Comment soutenir un avenir ? En profitant ? Errance temporelle. Encore une unité arbitraire. Tout l’est de toute manière. Y’a t ‘il une prédestination ? Peut-être choisit on son voyage dans une immense bibliothèque. Trompés sur la marchandise ? La vie n’est pas une marchandise, sinon, contre quoi l’aurait on troqué, au fondement, à la base ?
Je ne fais même pas de liens. Je ne tisse rien. Je suis. Et encore. Il me suffit de libérer mes doigts et aucune histoire ne vient. Peut-être n’est ce pas plus mal. Les miettes sont encore trop grosses pour moi, je ne m’attache qu’aux plumes. A ce filament léger qui se laisse porter. Je ne sais pas quelle chance j’ai. Je ne le sais pas encore. Mais il paraît que je l’ai su. Un jour. Lointain, alors que cette notion temporelle embarrassante n’était pas encore arrivée me structurer ma naïveté. J’ai envie de me les extraire, de vivre hors pour mieux rentrer dans. Observer. Pâle imitation d’une immanence voulue et jamais atteinte. Ma spontanéité est de ne pas l’être. C’est finalement assez drôle. Une trompette sonne la clôture. Et je peux continuer. J’aime l’ordinateur, il exprime cette distance qui s’exerce en moi en permanence. Je vis ma vie à travers l’écran de mes yeux. Yogi du passé. Ordinateur du présent. Serai je leur futur ? La modestie est paraît elle étouffante. Parfois elle paraît naturelle. Nous sommes seuls a dit le grand porteur de pierre. Mais être seul avec soi même n’est ce pas déjà être à deux ? Solipsisme vain et tiré de rien d’autre que l’extérieur de ma pensée. La proposition s’annule d’elle même. Montrerai je tout ça ? C’est bête. Rabaisser pour mieux sauter. Reculer pour mieux briller, éclater. Tout vole en morceaux ! Big band en arrière plan, je prends le train. Les rails ne sont pas de moi. Je ne suis qu’une particule de faire. Une to do de plus sur les listes infernatiques que l’on essaie de mettre en jeu. Joue une carte plutôt !
La virtualité m’adresse encore quelques petits bâtons de plus.
Je l’éprouve.
R¨.
Samedi vingt-neuf mars deux mille huit

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